Comment les étudiants s’emparent ils des IA génératives (IAg) ? Entre objectifs, pratiques et vigilance, découvrez leurs usages à travers les témoignages de six étudiants qui ont partagé leur expérience et échangé avec les enseignants lors d'une Rencontre pédagogique proposée par l’Atelier.
Depuis son ouverture au grand public, l’intelligence artificielle s’impose progressivement dans les pratiques personnelles et professionnelles. Qu’en est-il chez les étudiants ? Pour quels usages, dans quels objectifs et avec quel regard critique ? Deux enseignants ont organisé un échange avec des étudiants de différentes filières autour de ces questions, lors d’une Rencontre pédagogique proposée par l’Atelier.

Le cadre des échanges
Les retours d’expérience, échanges et formations autour des intelligences artificielles génératives se sont largement développés du côté des enseignants, notamment en lien avec les pratiques pédagogiques et l’évaluation. En revanche, les usages réels des IAg par les étudiants restent encore peu documentés. À l’initiative de deux enseignants, un appel a donc été lancé afin d’inviter des étudiants volontaires à venir témoigner et échanger avec des enseignants lors d’une rencontre dédiée.
Six étudiants ont été retenus afin d’assurer une diversité de niveaux (licence, master, doctorat) et de filières (psychologie, humanités numériques, sociologie, mathématiques, économie, psychanalyse). Cette rencontre visait à mieux comprendre, ou à confirmer, les usages des IAg dans le cadre des études, mais aussi à initier une réflexion partagée à travers un échange informel, constructif et sans jugement moralisateur entre étudiants et enseignants.
Les principaux usages
Ces échanges ont mis en évidence que l’utilisation des IAg est principalement motivée par un gain de temps et d’efficacité. Les usages évoqués par les étudiants recouvrent plusieurs catégories, allant de l’appropriation des savoirs à la production, en passant par la recherche et l’organisation du travail.
L’IA est ainsi mobilisée comme un assistant pédagogique personnel, permettant de clarifier des notions de cours, reformuler des contenus et consolider les apprentissages. Elle est également utilisée pour adapter et diversifier les formats d’apprentissage, notamment en passant de l’écrit à l’oral (création de podcasts à partir des contenus de cours par exemple) et inversement, afin de faciliter la révision et la mobilisation des connaissances à tout moment de la journée.
Les étudiants soulignent aussi son apport en tant qu’outil de soutien méthodologique et organisationnel : structuration du travail, clarification des attentes pédagogiques, aide à la planification et à l’organisation des apprentissages.
Enfin, l’IA est perçue comme un outil de production, facilitant la mise en forme de contenus, l’expression écrite ou visuelle et la traduction, mais aussi comme un appui à la recherche et à la veille, notamment pour explorer la littérature scientifique.
Quelques points de vigilance
Si la recherche de performance et de rapidité prédomine dans les usages des IAg, les étudiants expriment néanmoins plusieurs points de vigilance. Ils évoquent notamment la fiabilité des informations produites, la nécessité de vérifier les sources, ainsi que le risque d’une orientation des réponses peu dissonante par rapport à leurs propres opinions.
Interpellés par les enseignants sur les questions d’éthique et de droits d’auteur, notamment concernant les contenus de cours utilisés pour alimenter les bases de données, les étudiants se montrent conscients des enjeux liés à la confidentialité des données et à l’impact environnemental de l’IA. Toutefois, ces notions demeurent encore relativement abstraites dans leurs pratiques quotidiennes et ces échanges révèlent une attente des étudiants en matière d’information et d’accompagnement de la part de l’université en la matière.







